Pour la troisième année consécutive, l’Unef (Union nationale des étudiants de France) publie son enquête sur le « panier étudiant » qui retrace l’évolution des dépenses étudiantes et des aides directes qui leur sont versées. Constat ? Faute d’une revalorisation des bourses et face à la hausse des loyers, des frais d’inscription et du restaurant universitaire, les étudiants voient une nouvelle fois leur pouvoir d’achat diminuer et ceci pour la sixième année consécutive.
Le coup de pouce de Valérie Pécresse n’aura pas suffi… La ministre de l’Enseignement supérieur a bien augmenté les aides (+ 2,2 % pour les bourses et les allocations logement) mais les dépenses incompressibles (frais d’inscription, Sécurité sociale, restaurant universitaire, logement) ont augmenté de 3,7 % a indiqué Bruno Julliart, président du syndicat étudiant. Incriminé en tout premier lieu, le logement qui représente entre 50 et 60 % du budget étudiant (voir notre interview). Cette année encore les loyers ont augmenté de 4% et de 27,1% depuis 6 ans tandis que les APL n’ont été revalorisés cette année que de 1,7%. Prix moyen d’un loyer en province 450 €, 650 € pour Paris. On comprend que les chambres de Crous (130 €) soient aussi assaillies et que les listes d’attente soient interminables. Certaines universités continuent à faire payer des droits d’inscriptions complémentaires.
Résultat, un étudiant sur deux devra travailler pendant l’année pour financer ses études et l’on commence à entendre sur les campus que « la rentrée plus chère tous les ans est un élément de sélection à l’entrée de l’enseignement supérieur ». Bref, ça grogne et la récente réforme des universités et du statut de son président ne cesse d’inquiéter, foi d’investigateur dans le milieu étudiant nord pas-de-calaisien. Septembre est le mois le plus lourd pour le budget. Celui d’un étudiant en Province est estimé en moyenne à 2 325 €. L’Unef réclame une allocation de rentrée étudiante, mais celle-ci a été définitivement écartée.