Les représentants du monde universitaire semblaient rassurés par la dernière version du texte qui va être proposé au vote du Parlement ce mois-ci. La nouvelle version du projet de loi modifie les trois points qui avaient suscité une hostilité quasi unanime. Les conseils d’administration (CA) des universités comprendront 20 à 30 membres, contre 20 seulement dans l’ancienne version. Les étudiants, qui s’estimaient sous-représentés, seront de 3 à 5 en fonction de la taille de l’établissement.
Abandon de la sélection en Master I, autonomie obligatoire
De plus, l’alinéa sur la sélection en première année de master (bac + 4) a disparu. Enfin, l’autonomie ne sera plus optionnelle. Une mesure qui faisait craindre l’apparition d’universités à deux vitesses : les plus grandes devenant autonomes, les autres gardant leur statut public faute de moyens. Les présidents d’université, mais aussi quasiment toutes les autres organisations, trouvaient qu’on allait trop loin, au risque de faire exploser le service public.
Il reste cependant des critiques par exemple Gérard Aschieri, patron de la Fédération syndicale unitaire qui déclare que « les présidents d’universités vont pouvoir recruter des contractuels alors qu’il y a déjà des personnels. Surtout, ils auront de nouveaux pouvoirs sur la nomination des enseignants chercheurs, même un droit de veto. Tout cela nous fait penser qu’il y a là une manière de concevoir la recherche sur un mode provisoire et non pérenne.»
Pour Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur, ce qui est important « au-delà des ajustements apportés, c’est l’adhésion très forte au principe d’autonomie. Il y a eu une prise de conscience, on ne discute plus finalement que des modalités ». Les présidents des universités du Pas-de-Calais s’exprimeront après le vote de la loi. Encore un peu de patience !
5 milliards d’euros en plus pour les facultés
Autre information pour l’université. Evoquant l’université dans son discours de politique générale du 3 juillet, le Premier ministre François Fillon a confirmé la promesse de Nicolas Sarkozy de dégager 5 milliards d’euros supplémentaires d’ici 2012