Campus n° 75

Juin 2007  

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dernière modification le
08/06/2007 12:34

 
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L'église polonaise de Lens fête ses 40 ans

En 1922, la communauté polonaise de Lens se réunit dans une chapelle en bois pour écouter la messe en polonais. En 1967, la chapelle devient une église en briques. 40 ans plus tard, la communauté polonaise vit toujours sa foi autour de l’église du Millénium. Rencontre avec le curé de la paroisse, Jan Domanski.

En 2007, la communauté polonaise lensoise fête deux anniversaires : les 85 ans de son arrivée à Lens et le quarantième anniversaire de son église, l’église du Millénium, appelée ainsi en l’honneur du baptême de la Pologne en 966. A l’origine, ce n’est qu’une simple chapelle en bois, la chapelle Sainte-Elisabeth où l’on célèbre la messe en polonais pour les travailleurs qui arrivent à Lens depuis 1922. Celle-ci, vétuste, menaçait de s’écrouler. Un appel à souscription fut lancé pour construire une église en briques. La communauté polonaise de la paroisse de Lens et de toute la France y répond massivement. L’église est construite par les missionnaires Oblats de Marie Immaculée. Dédiée à Notre-Dame de Czestochowa, elle est achevée le 16 avril 1967 et marque le couronnement des efforts de l’abbé Casimir Czajka.

La communauté aujourd’hui
40 ans après, c’est le père Jan Domanski qui est responsable de cette paroisse. Depuis juillet 2001, il est quotidiennement au contact avec la communauté de Lens, mais pas seulement. On vient aussi des environs, Liévin, Loos-en-Gohelle et même Arras pour renouer avec son passé, ses origines polonaises. Y vit-on la même ferveur catholique que pendant l’entre-deux-guerres, cette pratique de la foi qui a tant caractérisé la population polonaise du Pas-de-Calais ? Ce n’est pas comparable nous répond Jan Domanski, au presbytère de la paroisse polonaise, 21 rue de Béthune : « les Français d’origine polonaise sont totalement intégrés dans la société et évoluent donc de la même manière qu’elle », c’est-à-dire vers une pratique déclinante de la religion catholique. Pourtant, 150 à 200 personnes se rassemblent chaque dimanche à l’église du Millénium, beaucoup plus pendant les fêtes. On y vient « pour trouver quelque chose d’agréable, de rassurant » nous confie le curé. Bien sûr, la messe n’est plus, comme pendant l’entre-deux-guerres, dite entièrement en polonais (ce n’est plus permis) mais on y prie encore beaucoup en polonais. Certaines traditions catholiques polonaises perdurent comme la bénédiction des aliments à Pâques ou le petit-déjeûner pris ensemble après la messe. Citons également « Dyngus » toujours après la messe du lundi de Pâques où l’on se verse de l’eau l’un sur l’autre. « La paroisse est gâtée… » nous confie Jan Domanski. En effet, à l’heure où il est parfois difficile de trouver un prêtre pour un baptême ou un mariage, le curé Domanski est toujours disponible pour sa communauté. Vingt enfants suivent les cours de catéchisme, neuf feront leur petite communion cette année. Jan Domanski veut « garder un esprit d’ouverture » et aimerait mettre en place une pastorale des jeunes couples, un message envoyé à la quatrième génération des Français d’origine polonaise.

Benjamin ZEHNDER