Le recteur de l'académie a demandé aux six universités de la région de lui adresser ou pas leur candidature pour l'intégration de l'IUFM. Fin mars et selon nos sources, il aurait reçu la candidature de Lille I, Lille III, l'université de Valenciennes et l'université d'Artois. 7 500 étudiants. Le plus gros IUFM de France. Voilà pour l'enjeu, de taille donc. Et pour une fois c'est le Pas-de-Calais via l'université d'Artois qui part favori pour intégrer l'IUFM de la région. En face, Lille III, Lille I et Valenciennes n'ont pourtant pas dit leur dernier mot.
Interviewé par l'Agence éducation emploi formation, Christian Morzewski le nouveau directeur de l'université d'Artois précise tout de suite : « Notre première motivation n'est pas de récupérer 7 500 étudiants en plus mais d'améliorer la formation des maîtres » ; « Nous pensons que l'amélioration de la formation des élèves passe par la formation des professeurs des enseignants et des formateurs d'enseignants » confirme à la même agence Jean-Pierre Renard, professeur de géographie et vice-président de l'université d'Artois, chargé des relations avec l'IUFM, et d'insister sur les vertus de la recherche fondamentale dont pourront bénéficier les enseignants-chercheurs en intégrant les laboratoires de l'université d'Artois.
Chiffres en tête
Et pourtant, la question du nombre d'étudiants est fondamentale. L'Artois compte 11 000 étudiants, un chiffre qui reste moyen et en ces temps de « pôle de compétences », de regroupements, tout le monde inventorie ses effectifs. Même souci pour Lille I, 19 000 étudiants aujourd'hui, entre 1 500 et 3 000 de moins en 2011. Il s'agit de réagir et ce « gain » de 7 500 étudiants pourrait gonfler les troupes.
Les avantages de l'Artois
Dans cette « bataille » de l'IUFM, quels sont les avantages de l'Artois ? En premier lieu et toujours selon Christian Morzewski, sa pluridisciplinarité et la possibilité de préparer des enseignants polyvalents ou bivalents, comme le souhaite Gilles de Robien. L'Artois peut se prévaloir également de bons résultats au Capes et à l'agrégation, et note que 40 % de ses étudiants souhaitent devenir professeur des écoles. La présence de deux grands centres de formation à Arras et Douai, deux villes rattachées à l'université d'Artois, joue en sa faveur. Le centre IUFM de Lille étant lui beaucoup plus petit. L'Artois est donc favori mais Christian Morzewski ménage les susceptibilités en expliquant que « toutes les formations au concours d'enseignants ne reviendraient pas à l'Artois. Ce qui se fait dans les autres universités continuerait à se faire, là où ça fonctionne bien ».
Les challengers
Et du côté du Nord ? On a vu les soucis d'effectifs que connaîtra Lille I dans le futur. Lille I met en avant également le bon taux de réussite au concours, la qualité de sa recherche et des formations. L'université espère aussi, secrètement, que la perspective d'une collaboration avec Lille III, elle aussi candidate et pourquoi pas Lille II pourrait jouer en sa faveur auprès du recteur. Valenciennes, avec son unique antenne de formation, tente crânement sa chance. Résultats des courses : imminent et en direct sur ce journal !