Les IUFM, instituts universitaires de formation des maîtres ont été créés en 1989 et ont remplacé les écoles normales qui dataient elles de Louis-Philippe ! Il y a 31 IUFM en France et ce sont des établissements d'enseignement supérieur. Au terme d'une première année de formation à l'IUFM, les candidats passent le concours de professeurs des écoles ou de professeurs de collèges et de lycées (général, technologique, professionnel). En cas de succès, les étudiants deviennent professeurs-stagiaires et sont rémunérés pour une année obligatoire de formation. 51 000 étudiants préparent les concours en France, 30 000 sont professeurs-stagiaires. L'IUFM Nord - Pas-de-Calais est le plus gros de France avec 7 500 étudiants et professeurs stagiaires et 7 centres de formation dans la région (Lille, Arras, Douai, Gravelines, Outreau, Valenciennes et Villeneuve-d'Ascq)
Les IUFM bientôt intégrés dans les facs
Les IUFM s'apprêtent à vivre une révolution. Jusqu'alors indépendants de l'université (même s'ils s'appellent « universitaires »), la loi Fillon de 2005 prévoit qu'ils soient dorénavant rattachés à une faculté. Cette intégration veut répondre « au mécontentement de certains stagiaires qui trouvent que la formation dans les IUFM est trop éloignée des réalités de terrain » pour citer Gilles de Robien. Le ministère a pris un arrêté pour rendre plus concrète la formation des maîtres. Pratiquement, les enseignants en sciences de l'éducation seront progressivement remplacés par des professeurs ou instituteurs de terrain qui ont « plusieurs années de pratique de la classe ». Les enseignants seront contraints de passer moitié de leur temps à l'IUFM, moitié de leurs temps dans un établissement scolaire. L'arrêté recommande la multiplication des études de cas tels la gestion des conflits, la diversité culturelle, l'orientation, la lutte contre la violence… De plus, un stage en entreprise de trois semaines sera obligatoire pour les futurs enseignants. « L'étudiant qui se destine au métier de professeur a besoin de comprendre le monde du travail vers lequel s'orientera la majorité des élèves », précise Gilles de Robien.
Le mouvement s'accélère
Les IUFM ont jusqu'en 2008 pour se conformer à loi mais Gilles de Robien a voulu la mettre en application le plus vite possible. L'IUFM d'Aix-en-Provence a été ainsi rattaché à l'université d'Aix- Marseille et l'IUFM de Versailles rattaché à l'université de Cergy-Pontoise. Dans le Nord - Pas-de-Calais, le choix de l'université est imminent (voir notre article l'IUFM de la région ira t-il dans le Pas-de-Calais).
Contents ou pas contents ?
Les directeurs de l'IUFM par la voix de Jacques Durand, le président de la conférence des directeurs de l'IUFM sont inquiets. Celui-ci s'inquiète de la suppression du poste de directeur associé dans les IUFM et se demande comment les formateurs des IUFM vont réussir à tout faire sur un simple mi-temps. Du côté des universités, on est plutôt heureux car avec l'IUFM vient la dotation qui lui est affectée, un plus à un moment où les universités ont du mal à équilibrer leurs budgets. Une dotation en « or » puisque celle d'un élève en IUFM est presque trois fois plus élevée qu'en fac : un étudiant en IUFM « coûte » en effet 16 000 €. Un étudiant en fac autour de 6 000 €. Certains professeurs de facultés s'inquiètent cependant. Les IUFM seraient parfois plus puissants que les facultés et leur arrivée dans les universités va modifier les équilibres en place, notamment en matière de recherche fondamentale. De plus, les profs d'IUFM devraient être titularisés comme maîtres de conférence à l'université, une aubaine pour eux. Question : se fera-t -elle au détriment du quota général de postes attribués à l'Université ? Enfin, le SNES, Syndicat national des enseignants de second degré, s'insurge contre la bivalence voire la polyvalence qu'exige l'arrêté de de Robien. Car les professeurs devront maîtriser non seulement leur propre discipline mais aussi dix compétences (maîtrise de la langue française et des nouvelles technologies, capacité à gérer une classe…).