André Courdain, 72 ans, n'est marié que depuis quelques mois quand il est frappé par une maladie qu'aucun médecin ne parvient alors à identifier. Nous sommes au début des années 60, la sclérodermie (c'est son nom) est alors quasi inconnue. Le bras d'André Courdain se durcit. Ce sont les premiers symptômes de cette maladie qui tire son nom du grec « skleros » : dur et de « derma » : peau. Un durcissement de la peau qui s'étend progressivement à l'ensemble du corps. Depuis, André Courdain, président de l'Association des sclérodermiques de France, se bat depuis chez lui, à La Chapelle-d'Armentières (59), pour faire connaître la maladie. En 1989, il crée l'Association des sclérodermiques de France (ASF) pour que la recherche s'empare du sujet. Les fonds recueillis permettent de financer des protocoles de recherches médicales. 400 médecins participent aujourd'hui au Groupe français de recherche contre la sclérodermie pour une maladie qui touche en France de 5 000 à 7 000 personnes. L'association a même été déclarée d'utilité publique en janvier 2004. Un résultat qui enchante André Courdain et qui l'aide à supporter un quotidien entièrement lié à la maladie. Quand il nous reçoit en compagnie d'une voisine, Thérèse Castelain, elle aussi atteinte par la sclérodermie, il évoque la fatigue perpétuelle qu'occasionne la maladie, les doigts qui se durcissent et qui empêchent d'écrire ou de conduire, les attaques au niveau des yeux et des coronaires. Car le durcissement s'étend aussi en interne : destruction de certains tissus, des reins pour Elisabeth qui subit des dialyses, des poumons… La maladie se déclare par des « poussées » brutales suivies de périodes de rémission. André en a connues plusieurs entre 1960 et 1967. En 1985, après une longue période sans rien, il a eu une « poussée » sur les jambes et depuis novembre 2006 sur la nuque et l'épaule gauche. Personne ne connaît encore aujourd'hui les causes de la maladie. Seuls éléments caractéristiques : le taux élevé de globules blancs et son caractère non-contagieux. L'association qui compte 1 100 adhérents, continue de recueillir des fonds et souhaite s'unir avec d'autres pays européens pour faire connaître son combat au niveau de l'Union europénne.
Rectificatif du 11 Juin 2007 :
"L'Association des sclérodermiques de France (ASF) n'a pas été, comme nous l'affirmions dans notre article "Sclérodermie : terrible quotidien pour les malades » dans le n° 84 des Echos du Pas-de-Calais, créée en 1989 par André Courdain, Président actuel de l¹ASF, mais par une jeune malade Yasmina Zanoun et Wladia Degorre, également atteinte de la maladie ainsi que son fils, Jean Yves Degorre. Dés 1991, Wladia Degorre devint présidente de l¹ASF et cela jusqu'en juin 2006. Elle a reçu la légion d'honneur le 2 décembre dernier et les félicitations à Milan en avril 2007 du gouvernement italien. Aujourd'hui, elle se bat pour créer une fondation qui achèterait « une maison » d'accueil pour tout les malades atteints de maladies orphelines."
André Courdain, 62 rue Nationale, 59930 La-Chapelle-d'Armentières. Tél. 03 20 35 13 00. Le siège de l'association était jusque l'année dernière dans le Pas-de-Calais à Tilloy-les- Mofflaines ; il est aujourd'hui dans l'Eure-et-Loir, chez Monique Lienhard, 41 rue du Pont-de-Fer, 28260 Sorel-Moussel. Tél. 02 37 41 81 93