Campus n° 73

Mars-Avril 2007  

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dernière modification le
10/04/2007 09:45

 
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Cherche de toute urgence médecins pour le Pas-de-Calais

Il y a dans notre département un métier d'avenir : médecin. L'offre médicale du département est bien en-dessous des besoins de la population. Qu'on en juge, le Pas-de-Calais ne dispose que d'un médecin pour 409 habitants alors que dans le reste de la France, on en compte un pour 291 habitants.

Dans le Pas-de-Calais, on ne dénombre que 3 605 médecins : 2 163 généralistes et 1 442 spécialistes. Dans le Nord qui est pourtant mal classé au niveau national, on en dénombre 8 446 dont 3 956 spécialistes. Pour les spécialistes, c'est encore pire : 1 spécialiste pour 577 habitants en moyenne contre 1 spécialiste pour 1 012 habitants dans le Pas-de-Calais !
Bref, le Pas-de-Calais est très mal loti et, pour ne rien arranger, les médecins du Pas-de-Calais sont eux-mêmes très mal répartis dans le département. Dans le Ternois, le Calaisis, l'Hesdinois, le manque de médecins est encore plus criant, on atteint des taux du niveau 1 médecin pour 1 000 habitants, voire beaucoup plus. C'est le fameux « désert médical » dont l'actualité se fait l'écho aujourd'hui. Les généralistes ne peuvent décemment assurer 50 consultations par jour ! A Hesdin, certains médecins appliquent la règle du 10 minutes par patient. Dans certaines spécialités, c'est l'hécatombe. 1 ophtalmo pour 10 949 en France, 1 ophtalmo pour 24 965 habitants dans le Pas-de-Calais. Parfois ils sont totalement absents comme à Lens où il n'y a aujourd'hui plus de pédiatre privé. Restent les généralistes et les urgences pédiatriques en cas de problème. Curieusement, alors que l'offre sanitaire est restreinte, l'hôpital de Lens annonçait le 16 mars la suppression de 100 postes, les syndicats en grève, parlant eux de 500 postes gelés. Su le littoral, à Dunkerque, cela fait longtemps qu'il n'est plus possible de décrocher un rendez-vous chez un ophtalmo avant un an et demi. On cherche des solutions en mettant des métiers paramédicaux.
Résultat indirect : le département a des taux de mortalité records pour les moins de 65 ans avec par exemple des cancers des voies aérodigestives, 81 % supérieur à la moyenne nationale, des cancers du sein 32 % supérieur et un taux de suicide 25 % supérieur.
Marc Biencourt, président du conseil de l'Ordre des médecins du Pas-de-Calais (pas-de-calais@62.medecin.fr) s'inquiète pour l'avenir car la situation ne montre guère de signe d'amélioration, bien au contraire. L'Observatoire régional de la santé estime ainsi qu'en Artois, par exemple, 58 % des gynécologues-obstétriciens, 54 % des ophtalmologistes, 95 % des radiologues, des psychiatres et des pédiatres et 61 % des ORL vont fermer leur cabinet. Il est temps que les jeunes du Pas-de-Calais prennent la relève. Mais rappelons-le, il faut 10 ans pour former un médecin !

Sources : ORS