« Les étudiants n’ont pas conscience de la mine d’informations qui est à leur disposition »
Les Echos du Pas-de-Calais : Les bibliothèques numériques sont-elles encore un concept ou une réalité concrète ?
Réponse : C’est une vraie réalité ! Penser une bibliothèque sans penser à son informatisation n’a pas de sens. D’abord parce que pour une simple recherche d’ouvrage, il est de plus en plus courant d’utiliser le catalogue de la bibliothèque. Catalogue informatisé j’entends. Le catalogue permet de rechercher un ouvrage précis, un titre de livre, un auteur, de constituer des bibliographies… Et surtout, les bibliothèques universitaires sont dotées de bases de données et de CD-Rom qui permettent de faire des recherches très poussées et de trouver des ouvrages qui ne sont pas en magasin (dans le fonds documentaire de la bibliothèque). Il est également possible de consulter les catalogues des autres bibliothèques partout dans le monde pour peu qu’ils soient en ligne.
Les Echos du Pas-de-Calais : Les étudiants les utilisent-ils aujourd’hui ?
Réponse : Mon expérience en BU m’a montré que les étudiants n’ont pas conscience de la mine d’informations qui est à leur disposition. Beaucoup pensent que l’on trouve tout sur Google. Mais les informations scientifiques ont leurs outils propres qu’il faut savoir maîtriser.
Les Echos du Pas-de-Calais : Faut-il une formation pour les utiliser ?
Réponse : Oui, car chaque base de données et chaque CD-Rom a son propre fonctionnement et c’est parfois un peu difficile au premier abord, surtout si l’on veut exploiter toutes les capacités que ces outils nous offrent. Par exemple, il existe des opérateurs booléens pour affiner la recherche mais ils sont variables d’un système à l’autre (and, or, not, et, ou, sauf…). Même chose pour la troncature qui permet une recherche plus large (un caractère défini utilisé en fin ou en milieu de mot peut remplacer un ou plusieurs caractères. ex. : wom*n pour woman ou women). Mais le caractère en question n’est pas le même d’une base à l’autre. Si on ne connaît pas toutes ces « astuces », la recherche peut s’avérer infructueuse… De même, certaines bases ne couvrent qu’une période définie. D’autres sont uniquement en langue anglaise et le vocabulaire y est particulier.
Les Echos du Pas-de-Calais : Qu’apportent-t-elles de plus que la bonne vieille BU classique ?
Réponse : Elle permet un gain de temps dans la recherche documentaire et permet de localiser les ouvrages plus facilement. Cependant, savoir que tel ouvrage est disponible à la BnF ne dispense pas de se rendre sur place pour consulter l’ouvrage ou de l’emprunter via le PEB (prêt entre bibliothèques). Par ailleurs, la numérisation des documents tombés dans le domaine public (70 ans après la mort de son auteur), permet d’avoir accès aux documents depuis un simple ordinateur.
Les Echos du Pas-de-Calais : Tes meilleurs sites ?
Réponse : En ce qui concerne les bases de données accessibles via l’Internet, mes préférences vont vers Gallica http://gallica.bnf.fr/ le site de la Bibliothèque nationale de France (BnF) qui contient plus de 90 000 ouvrages numérisés, 80 000 images et des dizaines d’heures de ressources sonores. Des thématiques sont également proposées (ex. : Les philosophes des Lumières).
Le Sudoc http://www.sudoc.abes.fr/ peut également s’avérer très utile pour les étudiants car il permet de localiser des documents de tous types détenus par les bibliothèques universitaires françaises. En droit, Légifrance http://www.legifrance.gouv.fr/ donne accès à la documentation officielle.
Mais c’est compter sans les bases de données qui ne sont accessibles que par l’Intranet des bibliothèques (qui ont souscrit des abonnements) comme LexisNexis pour la presse française et internationale, Science Direct pour les Sciences, AtoZ qui propose des revues en texte intégral, Business Source Premier pour les sciences économiques et la gestion, AJDA pour le droit administratif et beaucoup, beaucoup d’autres…