Campus n° 71

Février 2007  

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dernière modification le
26/02/2007 14:34

 
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Interview
« La garantie de contenus sûrs et validés »
Christelle Creff est responsable de la bibliothèque universitaire de Boulogne. Pour l’université du Littoral, elle organise le contenu de l’offre documentaire numérique et les développements de demain (connexions à distance, espace numérique de travail).

photo : J. Pouille / Les Echos du PDCLes Echos du Pas-de-Calais : La bibliothèque numérique est-elle une réalité concrète pour les étudiants de l’université du Littoral - Côte d’Opale ?
Christelle Creff : Oui, la bibliothèque numérique est on ne peut plus réelle. Elle est composée de signets présélectionnés qui vous emmènent vers des sites aux contenus riches et validés, de périodiques spécialisés en ligne, d’archives, de documents… Notre travail est d’amener les étudiants à découvrir davantage notre offre numérique, car il serait dommage, quand on fait des travaux de recherche, de se priver d’une telle manne d’informations. J’aurais aimé pouvoir en disposer à l’époque où j’ai fait ma thèse ! A chaque rentrée universitaire, on propose donc un cours de méthodologie pour mieux aborder les bibliothèques numériques. On explique comment faire une requête, comment ne pas se retrouver noyé sous la masse des informations…

Les Echos du Pas-de-Calais : Quels services apportent les bibliothèques numériques ?
Christelle Creff : Que faites-vous quand vous cherchez une information ? Vous tapez google, comme tout le monde. Notre but est simplement de dire qu’il existe autre chose. Je ne critique pas google, ça peut être le départ d’une recherche. Mais nous orientons les étudiants vers des sources plus variées, plus pointues, où surtout nous sommes sûrs que les contenus et les bibliographies sont validés, car sur google, on trouve aussi n’importe quoi. Nous organisons ces ressources en fonction des objectifs des enseignements de l’université. Le thème majeur de l’université, c’est l’environnement. J’organise donc cette matière en fonction des différentes disciplines et des différents niveaux de l’université. Notre offre documentaire s’adresse au cursus de recherche master et doctorat, aux enseignants chercheurs, mais on propose aussi un bouquet de bases généraliste, avec un accès par exemple à de nombreux titres de la presse.

Les Echos du Pas-de-Calais : Quelle est votre politique en matière de bibliothèque numérique ?
Christelle Creff : Nous avons remarqué que les scientifiques ont recours de manière systématique aux parutions et articles en ligne. C’est moins le cas des historiens et des sciences humaines et sociales en général qui ont plus l’habitude de travailler sur le papier. Il y a donc par conséquent moins d’offre numérique dans ces domaines. A l’université du Littoral, on a choisi de rééquilibrer les choses. Il est ainsi prévu que nous nous abonnions à 42 périodiques électroniques en sciences humaines et sciences sociales, ce qui représente 25 % de notre budget global en acquisition documentaire !

Les Echos du Pas-de-Calais : Les utilisateurs se réjouissent-ils de ce passage plus systématique au numérique ?
Christelle Creff : Cela implique un changement dans la façon de travailler. Le papier reste plus rassurant pour certains utilisateurs. Mais dans beaucoup de domaines, c’est un progrès immense. Pour ce qui concerne le droit, on peut trouver tous les textes existants sur un sujet depuis 10 ans. Mais je ne veux surtout pas dire que dans le numérique, tout est fantastique. Le papier est complémentaire. D’ailleurs, je préconise dans les recherches de commencer par le papier et d’aller regarder seulement ensuite le catalogue en ligne.

Les Echos du Pas-de-Calais : Le seul inconvénient est qu’il est impossible de faire des recherches chez soi !
Christelle Creff : C’est vrai, il faut se connecter à un poste sur le campus de l’université, dans un laboratoire, une bibliothèque, bref un poste déclaré auprès des éditeurs. Mais notre objectif est d’offrir un jour un accès à distance. Dans le train ou chez lui, un étudiant pourra accéder à un compte utilisateur et faire ses recherches. Nous travaillons avec toutes les autres universités de la région pour mettre au point cet accès à distance et le futur ENT (espace numérique de travail) régional.

Les Echos du Pas-de-Calais : Est-ce que ces trésors d’informations sont ouverts aux seuls étudiants ?
Christelle Creff : Non, le grand public peut accéder à la bibliothèque numérique. Il suffit d’être abonné à la BU. La bibliothèque est au centre-ville, très facile d’accès. Elle est gratuite pour les chômeurs et les RMIstes.

Les Echos du Pas-de-Calais : Avec les bibliothèques numériques, les bibliothécaires sont-ils promis à disparaître ?
Christelle Creff : Non, mais notre métier évolue. Il faudra toujours des gens pour sélectionner les ressources documentaires, aider les étudiants, les orienter vers des sources validées et sûres. Cela a toujours été notre travail même lorsque le numérique n’existait pas.

Benjamin Zehnder - février 2007