
Reportage dans les allées bondées du Salon du lycéen et de l’étudiant, vingtième version, qui annonçait cette année un cru dédié aux métiers de la mode. Première observation, le « village de la mode » est difficile à trouver, noyé parmi 300 stands dont l’un des plus électrisants est celui du Pôle III D, une école d’infographie basée à Roubaix et spécialisée dans les métiers du jeu vidéo et des effets spéciaux. Jérôme Peschard, chargé des relations entre l’école et les entreprises, nous assure qu’en ce moment, ça recrute fort dans la production vidéo.
LCL ou l’Etudiant ?
Les couleurs orange du stand, les images de synthèse qui déferlent des écrans, les animations manga font naître des vocations chez le chaland. Une modernité qui tranche avec l’image de cet homme seul, dans un stand un tantinet désuet, venu proposer les BTS de son lycée Notre-Dame-d’Annay de Lille. Pendant ce temps, Matthieu Denys, le directeur de l’Iscom, une école de communication lilloise, discourt sur les métiers de la com’ sous un chapiteau aux couleurs du… LCL qui semble avoir « piqué » cette année le leadership des conférences à « l’Etudiant ». Ce dernier ne dispose plus que d’une minuscule tente pour parler du sujet de l’année, la mode. Confirmation un peu plus loin : les banques sont venues en force. Toutes les marques sont présentes - dans l’espace vie pratique - et multiplient les animations, jeux concours, grattage de guitare interactive pour attirer la jeunesse. C’est un carton, d’ailleurs.
School of management, Lille II plus offensif
Cette année, on n’hésite pas à tirer par la manche le jeune badaud hésitant. Les IUT appliquent aujourd’hui les méthodes des écoles de commerces : uniformes de rigueur (tee-shirt violet), on vante les valeurs, le réseau des anciens, l’esprit d’école. Les écoles de commerce, elles, ont même poussé un peu plus loin. L’ESC est devenue une « School of management », le meilleur moyen - peut-être - de rayonner à l’International. C’est l’Amérique. Une tendance qui se confirme jusqu’aux facultés. C’est Lille II qui s’offre la plus grosse révolution avec un habillage bleu offensif et une communication inédite sur l’ESA (Ecole supérieure des affaires). La faculté de Médecine, qui dépend aussi de Lille II, s’octroie carrément le titre de « la plus grande fac de médecine de France ». Un peu clinquant donc même si les « Big stars » comme Sciences-Po et l’ESJ, avec son seul directeur des études restent discrets. Lille III est restée, elle aussi, « universitaire », presque austère. Lille I a sorti l’artillerie lourde mais c’est un peu le fouillis. Valenciennes est bien en vue. L’Artois et le Littoral ont également déployé leur panoplie mais en dépit des efforts et de la bonne volonté, on ne se presse pas sur les stands.
Un tout petit espace pour les métiers de la mode
On aurait presque raté les métiers de la mode, tant l’espace qui lui est réservé est petit. Heureusement, il y a le stand léché de l’Esaat (Ecole supérieure des arts appliqués et du textile) avec son souci du détail (les fiches de présentation de formation) et ses écrans digitaux, dans un ensemble blanc et rouge. On adore. Le patron de l’Esmod Lille nous explique qu’il y aura toujours du travail dans le stylisme et la mode, il suffit de penser à la télé, aux bureaux de tendance… L’école revendique 86 % de placement dans les six premiers mois après la sortie. 7 950 € par mois. Une somme. On regarde deux garçons de l’ISD (Institut supérieur du design) de Valenciennes dessiner, en 3D, des voitures de sport. C’est à peu près tout pour la mode. On file vers la sortie. Notre regard est retenu par les stands de l’armée, de la police, des gardiens de prisons qui ont emmené avec eux équipements, uniformes, armes, grenades, chars d’assaut. Très pédago, le lieutenant apprend aux futures jeunes recrues le maniement des grenades et des famas. L’armée recrute et le fait savoir. Et son stand connaît un succès phénoménal. L’année 2007 verra-t-elle le retour de la mode du kaki ?