Les Echos du Pas-de-Calais : Y a-t-il un minima de rémunération pour les jeunes avocats ?
Réponse : Tout à fait. C’est la Fédération nationale des unions des jeunes avocats dont l’UJA de Lille est une émanation, qui est à l’origine de ce minima, à tel point qu’on parle de tarif UJA. Pour Lille, la première année de l’exercice, la rétrocession financière pour un collaborateur libéral est de 1850 € brut (ndlr, c’est un chiffre d’affaires, il faut enlever 50 % de charges, à noter aussi qu’un collaborateur est autorisé à développer sa clientèle personnelle) ; pour la deuxième année, il est de 2 000 € brut. Au barreau d’Amiens, le minima pour la première année est de 2 300 € brut (ndlr : à Paris pour la première année, il est de 3 050 € brut).
Les Echos du Pas-de-Calais : le métier d’avocat est-il un métier d’avenir ?
Réponse : Je l’espère ! Il y a un fossé entre la représentation publique de l’avocat et la réalité du métier. On imagine encore les avocats comme des notables mais la réalité est très différente. La preuve, il y a 850 avocats au barreau de Lille et il n’y a pas 850 notables à Lille ! C’est un métier aux conditions d’exercice difficiles mais je pense que c’est un métier d’avenir car le droit s’ouvre à plein de nouveaux domaines. Par contre, pour les fonctions traditionnelles du métier comme le droit de la famille et le droit pénal, on peut craindre paupérisation de la profession. C’est notamment pour cela que les avocats manifestent pour une revalorisation de l’aide juridictionnelle. Aujourd’hui clairement, les avocats travaillent à perte (ndlr : une procédure d’appel est rémunérée 280 €, les avocats manifestent depuis novembre, dernière manifestation le 18 décembre 2006, Pascal Clément, garde des Sceaux, a consenti à une hausse de 8 % pour 2007).
http://www.ujalille.org/
http://www.fnuja.com/